lundi 10 octobre 2016

J'ai cousu la chemise Elsa de la Maison Victor

Souvent, j'achète des mag' de couture. Souvent, je n'en fait strictement rien. De Burda à La Maison Victor, ils s'empilent, lus vite fait au café, patrons repérés rarement cousus, alors que ma tricopine Zazie pioche allègrement dedans pour sortir des vêtements sympas.


Cette fois, je me suis contrainte de remplacer ma chemise blanche décédée par la chemise Elsa de la Maison Victor, mettant en lumière pourquoi la flemme me gagnait dès qu'il s'agissait de ces catalogues et comment dépasser les obstacles.

La présentation des mag' de couture


Le mag' de couture se présente toujours de la même manière : une partie mode avec des photos de mannequins, d'associations de vêtements et des planches centrales de patrons condensées difficiles à lire voir parfois illisibles, selon le canard. Leur fond de commerce : proposer du patron en quantité, souvent les mêmes, déclinables et très saisonnier. 


Les patrons indépendants illustrent, écrivent, détaillent, rédigent sous plusieurs formes quelques projets basiques chics en mettant au coeur de leur travail, la réussite et la satisfaction du client. Cette approche plus pédagogique que quantitative fait leur succès : elle accroît clairement les compétences. Si je n'avais pas mis la chemise Alder sous mon pied de biche cet été, je n'aurais jamais essayé de coudre la chemise Elsa. A fréquenter les patrons indépendants, plus cher certes, on devient capable de se frotter à l'opacité d'un Maison Victor ou d'un Burda.

Deux astuces pour vaincre l'étape pénible du décalquage


Définitivement, je déteste ça. Pour faciliter la tâche, je stabilote les lignes pour être certaine de voir où je vais. Les maniaques utiliseront des marqueurs effaçables, moi pas : mon mag ne sera pas utilisé une prochaine fois, ni revendu, il reparaîtra dans 2 ans, je ne perdrais pas 10 kg d'ici là et je pourrais toujours user d'une autre couleur.

Si le stabilo aide, il ne peut rien quand il rencontre ceci : le pied de col est un brouillon de traits collés les uns aux autres impossible à suivre, perversité de la gradation de taille. A défaut de lisibilité du trait, il faut au moins que le pied de col soit symétrique.


J'ai dessiné la moitié de ces deux parties, replié le papier de soie pour suivre "un" contour. En regardant la planche de coupe un peu plus tard, le dessin du col et pied de col entier parait encore plus absurde : ils sont coupés sur le pli dans le droit fil...


Bref, cette épreuve de pénibilité passa cette fois en objectifs morcelés psychologiquement plus acceptable pour ne surtout pas s'énerver. Soir 1 :  décalquer la page 1, soir 2 : découper le papier de soie ... Lorsqu'on se frotte aux patrons de mag', il faut savoir prendre son temps.

De la coupe à l'assemblage


Le tissu bien positionné, les pièces sont posées comme le montre le schéma. Cette fois, cela se passe sans mal sauf en ce qui concerne l'entoilage. Est-ce vraiment nécessaire d'entoiler complètement les fentes de manches de chemises, le pied de col et du col ainsi que la bande de boutonnage ? 


Une fois repliée, la fente de manche de chemise me semble trop épaisse, je retire la moitié de l'entoilage. Je consulte les explications de la chemise Alder qui propose 50% d'entoilage en moins et décide d'en appliquer le principe.


D'ailleurs, à partir de là, j'ai lu en vis à vis les deux notices d'assemblage, préférant largement les explications Graineline du Sew Along que j'ai vite affiché sur le mac contre celles de la Maison Victor moins bien illustrées. 


Mon pied de col n'est toujours pas d'une grande maîtrise mais la pause de la boutonnière est parfaite.
Je regrette de ne pas avoir fait de coutures anglaises comme pour l'Alder. Il aurait fallu que je porte à 2 cm mes marges de couture, un détail non anticipé.

Le tombé de couture


Si j'ai pesté contre les explications et la présentation, je dois reconnaître que ma chemise tombe impeccablement. Le patron ne comporte pas d'erreur, les pièces correspondent parfaitement. La chemise est seyante, le lin choisi lui va parfaitement. Ce très bon basique chic trouvera une place de choix dans mon dressing, associé de temps à autre, avec mes noeuds papillons en shweshwe.


Fiche mémo du chemisier Elsa de la maison Victor

- Tissu : 2 m de lin lourd.
- Taille 40 pour un 96 cm de tour de poitrine.
- Entoilage allégé à la moitié des bas de manches et une bande de 2 cm sur les boutonnières
- Prévoir 2 cm de marge pour les coutures anglaises.
- Support technique supplémentaire : Alder ou Archer Sew Along


Le numéro 5-2016 de la Maison Victor est rentabilisé, une grande première ! 

J'irai un peu plus souvent rendre visite à ces patrons de mon placard, visiblement injustement ignorés, même s'ils sont moins agréable qu'une couture Deer and Doe. Je compte bien affuter désormais mon regard pour savoir ce que je peux retenir pour ma garde robe, considérant que sans doute, les mag' ne se valent peut-être pas ? J'aimerai bien connaître votre préféré !

14 commentaires:

  1. Merci pour cet article intéressant sur la réalisation de cette chemise... qui est superbe au demeurant ! je sélectionne ton billet sur Abracadacraft aujourd'hui.

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  2. Même ressenti chez moi, en plus quand il faut grader une taille au dessus....
    Je viens aussi de me lancer dans la même opération à partir de patron joint à un livre, pourquoi l'éditeur n'a pas utilisé la couleur, un grand mystère pour moi.

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    1. après le mag', le livre... là, j'ai simplement cessé le patron japonais : je suis définitivement trop grande.

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  3. Bonjour, ça vaut ce que ça vaut, mais je décalque avec de la bâche de chantier un peu épaisse, moins chère que le papier et totalement transparente; et un feutre indélébile. Burda me fait mal au crâne, Victor est moins pénible, les tailles sont régulières d'un magazine à l'autre et je fais toujours une taille en dessous du commerce, psychologiquement sympa. Pour terminer, la chemise est vraiment une réussite!

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    1. pas mal l'idée de la bâche de chantier ;) Merci !

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  4. tu t'en es tirée comme un chef, burda est encore plus difficile à décalquer à mon avis. la version que tu proposes est plus engageante que celles du magazine, j'y reviendrai peut être!

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    1. ah oui, tu as raison sur Burda. Le tissu bisou est moins fastoche à assortir tous les jours qu'un beau lin blanc mais ce n'est pas toujours simple de savoir quoi d'autres choisir.

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  5. Alors comme toi, je stabilote et je découpe non dans du papier de soie mais dans du plastique à recouvrir les livres: c'est solide, moins cher et on peut sans problème replier pour s'en resservir.Je n'ai jamais acheté ce magazine car j'ai tellement de livres de patrons et de patrons anciens que je n'en trouve pas l'intéret et puis acheter un magazine pour un seul modèle ne me tente guère, d'autant plus que les présentations me sont rarement attractives.Bref, une i:mpression de déjà vu.
    Ta chemise est bine belle et te va bien!

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  6. Ta chemise est superbe et vaut le travail du décalage, découpage et autres réjouissances. J'utilisé Burda depuis longtemps. Maison Victor je n'accroche pas. Il faut dire que je suis rodée aux exercices de préparation ayant commencé à coudre vraiment avec "fait main"
    Belle journee

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    1. Merci :) Je note aussi que tu es une burdeuse : je suis en train de me frotter à un patron de caban et ce n'est pas facile du tout. Mais je m'accroche.

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  7. Elle est très jolie ta chemise ! J’ai acheté le magazine notamment pour ce modèle et mon ado a craqué sur le tissu à bisous mais 30 euros le mètre ... J’attendais de le voir cousu avant de me lancer, merci pour ton partage.
    J’ai cousu plusieurs modèles LMV et, avec les schémas, ça s’est passé sans trop de problème. Les Burda, sans aucun schéma, je n’ai pas tenté.

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